Waymo envisage de quitter Uber pour lancer seul ses robotaxis
By OFOKI TECH | July 27, 2026
Waymo a notifié Uber de son intention d’opérer ses robotaxis de manière indépendante à Austin et à Atlanta à compter de janvier 2028. L’information, révélée par le Financial Times le 24 juillet 2026, marque une inflexion dans la relation entre les deux entreprises, qui fonctionnent à la fois comme partenaires commerciaux et comme concurrents sur le marché des véhicules autonomes.
Uber a confirmé dans un communiqué transmis à TechCrunch que Waymo prévoit de proposer ses courses autonomes via sa propre application dans ces deux villes à partir de janvier 2028, en parallèle de l’offre existante sur la plateforme Uber. Le contrat liant les deux groupes à Austin et à Atlanta arrive à échéance en mai 2028. D’ici là, la flotte de véhicules Waymo restera accessible sur l’application Uber. Un porte-parole d’Uber a précisé que cette décision mettrait fin à l’exclusivité de Waymo dans ces deux marchés et permettrait à Uber de s’associer avec d’autres fournisseurs de véhicules autonomes.
Le calendrier de la séparation
Cette annonce intervient après la rupture du partenariat entre les deux entreprises à Phoenix, en Arizona, où Waymo et Uber avaient collaboré pendant trois ans. Selon TechCrunch, qui avait révélé cette séparation en juin 2026, le service avait été progressivement démantelé à partir de San Francisco au milieu de l’année, avant de cesser définitivement à Phoenix en mai.

Le contrat couvrant Austin et Atlanta expire en mai 2028. Waymo a indiqué à Uber qu’elle comptait lancer son propre service dans ces villes dès janvier 2028, soit cinq mois avant la fin officielle du contrat. Cette chronologie laisse un chevauchement de plusieurs mois pendant lequel les véhicules Waymo resteront disponibles sur les deux plateformes, à moins qu’Uber ne retire la flotte avant terme, ce que le groupe n’a pas évoqué.
Un contexte de tensions croissantes
Les tensions entre Waymo et Uber ne datent pas de cette semaine. En mai 2026, Dara Khosrowshahi, directeur général d’Uber, avait critiqué publiquement le comportement des robotaxis Waymo dans les zones scolaires et les situations d’urgence, sans nommer explicitement l’entreprise, lors d’une conférence téléphonique sur les résultats financiers. Plus tôt dans l’année, Praveen Neppalli, directeur technique d’Uber, avait publié une vidéo montrant ce qu’il qualifiait de comportement « dangereux » et « effrayant » d’un véhicule Waymo. Waymo, de son côté, s’est retrouvée opposée à Uber dans plusieurs débats réglementaires récents concernant les robotaxis.
Ces frictions s’inscrivent dans un rapport ambivalent. Uber et Waymo sont liés par des accords commerciaux dans certaines villes tout en se faisant concurrence dans d’autres. Waymo opère déjà son propre service à San Francisco et à Los Angeles, sans passer par Uber. Alphabet, maison mère de Waymo, a injecté 13 milliards de dollars dans sa filiale en février 2026, dans le cadre d’une levée de fonds de 16 milliards qui a porté la valorisation de Waymo à 126 milliards de dollars.
La stratégie d’indépendance de Waymo
Les chiffres de Waymo indiquent une accélération de son activité en propre. En mars 2026, l’entreprise comptait 3 000 robotaxis en service et proposait 500 000 courses payantes par semaine, selon des données communiquées par la société. Elle a étendu son service à six villes supplémentaires hors de la Californie, toujours via son application dédiée.

Cette croissance autonome alimente l’hypothèse d’une rupture totale avec Uber. Waymo n’a pas répondu aux demandes de commentaires de plusieurs médias, dont TechCrunch et Transport Topics. Il reste donc à confirmer si l’entreprise envisage un retrait complet de la plateforme Uber ou si elle maintiendra une présence non exclusive après janvier 2028.
Les conséquences pour Uber
Pour Uber, la perte de l’exclusivité sur les robotaxis Waymo à Austin et à Atlanta constitue un revers. Le groupe s’était positionné comme agrégateur de courses autonomes et humaines, investissant dans plusieurs entreprises du secteur et nouant des partenariats avec d’autres acteurs de véhicules sans conducteur aux États-Unis, au Moyen-Orient et en Europe. Transport Topics relève que chaque annonce de Waymo en solo a fait chuter le titre Uber, les investisseurs craignant que la croissance des taxis autonomes n’érode le cœur de métier du groupe.
Malgré ces partenariats alternatifs, l’action Uber a reculé de près de 5 % à la suite de la révélation du Financial Times, atteignant 65,56 dollars à New York. Le titre a perdu près de 20 % depuis le début de l’année 2026. Uber est devenu profitable sur l’ensemble de l’exercice il y a deux ans. La concurrence directe de Waymo, qui facture ses courses à des tarifs comparables à ceux des VTC classiques sans avoir à rémunérer de chauffeur, représente une menace structurelle pour ce modèle.
Ce qui reste à clarifier
Plusieurs questions demeurent sans réponse. Waymo n’a pas précisé si elle comptait retirer ses véhicules de l’application Uber à Austin et à Atlanta dès janvier 2028 ou si elle envisageait un fonctionnement en parallèle au-delà de la date d’expiration du contrat en mai 2028. Uber a indiqué qu’il se préparait à accueillir d’autres fournisseurs de véhicules autonomes dans ces deux villes, sans nommer de partenaires potentiels.
La stratégie d’Uber pour combler le vide laissé par Waymo n’a pas été détaillée au-delà de cette déclaration d’intention. Le groupe a noué des accords avec plusieurs constructeurs et opérateurs de flottes autonomes, mais aucun d’entre eux n’opère actuellement à Austin ou à Atlanta à l’échelle de Waymo.
Sources and further reading
- Financial Times — Waymo explores split with Uber as robotaxi tensions deepen
- TechCrunch — Waymo reportedly mulling a breakup with Uber
- Transport Topics — Waymo explores options to leave Uber robotaxi deal
- The Next Web — Waymo to end Uber exclusivity in Austin and Atlanta
- Clubic — Waymo envisage de quitter Uber pour lancer seul ses robotaxis
- Automotive News Europe — Waymo plans end of Uber robotaxi tie-up, stepping up rivalry